icone-titres-corderie-plantive-cmjn_page-0001.jpg
forme longue_edited.png

FABRIQUER UNE CORDE 

Si la préparation des fibres demande de longues étapes, la fabrication des cordes peut se résumer en cinq phases:

1. LE PEIGNAGE
Les fibres de chanvre, ou filasse, sont trempées puis peignées.
Le peignage se pratique sur un séran, qui est une sorte de peigne de métal . Enfin, les fils sont tissés sur un rouet.

2. LE FILAGE
Cette deuxième étape se fait à sec, pour éviter le pourrissement, et permet d’obtenir les fils de caret qui sont ensuite assemblés, lors de la troisième étape, en corde. Il existe deux techniques de filage : le filage à la quenouille et le filage à la ceinture.
À la corderie Plantive, le cordier filait à la ceinture. Le peignon (pelote) de chanvre était fixé à la ceinture et passait dans un rouet. Une fois la longueur désirée de fil obtenue, on l’enroule sur un touret. 

3. LE COMMETTAGE
Cette troisième étape correspond à la fabrication de la corde proprement dite : c’est le tressage des fils entre eux. 
Quatre fils étaient déroulés du touret puis noués ensemble d’une part à un crochet : l’émerillon et d’autre part fixé aux crochets du métier à commettre. Cette mise en place des fils est ce que l’on appelle ourdir la corde. Il fallait ensuite positionner le
toupin entre les fils, un objet en forme de cône tronqué à encoches (une par fil). La machine est ensuite mise en marche, les fils s’entortillent. Le toupin est déplacé vers l’extrémité de la machine au fur et à mesure que la corde se forme. Plusieurs râteliers étaient placés à l’intérieur de la corderie voire même à l’extérieur afin de réaliser des cordes qui pouvaient aller jusqu’à plusieurs centaines de mètres. Lors du câblage, les fils perdent environ un tiers de leur longueur.  

Machine à commettre
Machine à commettre

press to zoom
Machine à commettre
Machine à commettre

press to zoom
Machine à commettre
Machine à commettre

press to zoom
1/2

4. LES ÉPISSURES
Une fois la corde terminée, il faut réaliser les tressages de finitions de la corde : les épissures. Pour cela le cordier détresse l’extrémité de la corde pour retresser les torons le long de la corde à l’aide d’un épissoir, une grosse aiguille de bois. Il existe plusieurs types d’épissures selon l’usage futur de la corde : épissure à œil, épissure en arrière …

5. L’ENCOLLAGE
Les  cordes en fibres naturelles sont sensibles à l’humidité. Pour les rendre imputrescibles le cordier encollait les fils de caret, c’est l’apprêt, puis il enduisait la corde. Au préalable il passait une corde d’étoupe afin d’ôter les fibres qui dépassent de la corde après le commettage (tressage). Il pouvait utiliser différentes colles, comme la colle de peau de lapin. Devenue trop chère, les cordiers encollaient les cordes avec de la colle à tapisserie.